Nana Akumu, nĂ©e Ă Kisangani en 1960, est issue dâune famille de neuf enfants, composĂ©e de cinq garçons et quatre filles, dont elle est la sixiĂšme.
Son pĂšre, Obay Ungeu Albert, militaire de carriĂšre, et sa mĂšre, Uyulu VĂ©ronique, ont vĂ©cu au KasaĂŻ. En 1964, la famille est mutĂ©e de Kisangani Ă Mbuji-Mayi, avant de sâinstaller Ă Kananga en 1969.
Câest Ă Kananga que dĂ©bute son parcours musical. Ă lâĂ©cole, elle est remarquĂ©e par Tatu Martin, pianiste dâĂ©glise, qui la choisit pour chanter au sein de lâĂ©glise militaire du camp.
En 1972, la famille sâinstalle Ă Bunia, prĂšs de la rĂ©gion dâorigine du pĂšre. Bien quâelle ne chante plus Ă lâĂ©glise, Nana Akumu dĂ©veloppe fortement sa passion pour la musique. En cinquiĂšme annĂ©e dâĂ©tudes, elle chante rĂ©guliĂšrement, Ă©crit des chansons dans son journal de classe et Ă©coute de la musique sur un tourne-disque Ă la maison.
 à cette pĂ©riode, une amie prĂ©nommĂ©e Marie, qui ne poursuit pas ses Ă©tudes, lui parle dâun orchestre venu de Kisangani dirigĂ© par Papa Mongali, chef de lâorchestre LĂ©opard.Â
Lors dâun concert auquel elle accompagne Marie, le musicien Pepe Matou demande Ă Marie de monter sur scĂšne pour chanter. Nana Akumu affirme alors quâelle sait chanter.Â
Elle reçoit le micro et interprĂšte Ă trois reprises la chanson « Ya Gaby » de lâartiste Rochereau (Tabu Ley). Le public est immĂ©diatement conquis. Ă la fin de la prestation, elle reçoit des encouragements, une somme dâargent, et une proposition dâintĂ©grer lâorchestre LĂ©opard pour les rĂ©pĂ©titions.Â
Elle commence Ă rĂ©pĂ©ter avec le groupe, accompagnĂ©e de Marie, tout en cachant cette activitĂ© Ă sa famille. Jusquâau jour oĂč lâorchestre reçoit une invitation pour se produire en Ouganda, lors dâune fĂȘte militaire.Â
Nana Akumu exprime alors Ă son pĂšre son souhait dâabandonner lâĂ©cole pour se consacrer Ă la musique. MalgrĂ© la rĂ©ticence de sa mĂšre, le patron de lâorchestre LĂ©opard, Mongali, lui permet de partir. Elle a alors 16 ans.Â
 AprĂšs un an, le groupe retourne Ă Beni, oĂč il reste pendant six mois. Ensuite, il est invitĂ© une deuxiĂšme fois Ă Kasese, en Ouganda, oĂč il sĂ©journe prĂšs dâun an.Â
AprĂšs ce sĂ©jour, un patron propriĂ©taire de plusieurs biens immobiliers et dâinstruments de musique contacte le groupe pour les installer Ă Mbarara, en Ouganda. Nana Akumu part avec Pepe, Bijou, Kotela, Vieux Ladjos, Jean-Marie et Marie.Â
AprĂšs une annĂ©e Ă Mbarara, le groupe se rend Ă Kampala, capitale de lâOuganda, afin de trouver un studio et dâenregistrer des chansons.Â
Ă Kampala, elle rencontre Mustapha, homme dâaffaires possĂ©dant des bars, restaurants et un casino. Ils le connaissent grĂące au frĂšre de Kotela, qui vivait dans lâune de ses propriĂ©tĂ©s. Mustapha les invite et les accueille.Â
Ă Kampala, la scĂšne musicale est organisĂ©e autour de deux orchestres : Shama-Shama une semaine, puis Baba Gaston la semaine suivante.Â
Mustapha invite Nana Akumu Ă rejoindre lâorchestre Shama-Shama, oĂč elle chante pendant un an. Le groupe connaĂźt un grand succĂšs grĂące Ă un nombre important de chanteurs.Â
Lâorchestre Baba Gaston, moins fourni en chanteurs, attire moins de public. Le patron demande alors de renforcer sa section vocale, et Nana Akumu change de groupe.Â
Les membres avec lesquels elle est arrivĂ©e â Bijou, Kotela et les autres â rejoignent Ă©galement ce nouvel orchestre.Â
Lâorchestre nâĂ©tant pas installĂ© de maniĂšre permanente en Ouganda et effectuant des allers-retours, ils le suivent jusquâĂ Nairobi.Â
Ă Nairobi, Nana Akumu enregistre sa premiĂšre chanson, « Iyolela », en 1978.Â
Un an plus tard, le groupe forme sa propre formation musicale : Pepelepe Bana Ekanga.Â
En 1983, une invitation est reçue pour une tournĂ©e en SuĂšde. Nana Akumu ne peut pas voyager, son pĂšre Ă©tant malade. Elle retourne Ă Bunia pour rejoindre sa famille, mais dĂ©couvre ensuite que la maladie Ă©tait un prĂ©texte. Elle ne rejoint plus le groupe.Â
AprĂšs cinq mois, elle rejoint Kinshasa, oĂč elle rencontre Vieux Dieudos. Celui-ci lâinvite Ă intĂ©grer lâorchestre Tiers Monde CoopĂ©ration, aux cĂŽtĂ©s de Sam Mangwana, Ndombe Opetum, Joe Mpoyi, Diato Lukoki et Emponpon Loway.Â
Le groupe enregistre Ă Brazzaville, avant de se dissoudre entre 1984 et 1986. La majoritĂ© des musiciens rejoignent OK Jazz, sauf elle.Â
Ă cette pĂ©riode, Papa Bokelo Isenge la remarque et lui propose un projet dâalbum avec lâorchestre Mbonda Africa, au sein duquel elle Ă©volue pendant un an.Â
Elle retourne ensuite Ă Bandalungwa, oĂč le chanteur Diato Lukoki vient la chercher pour intĂ©grer lâorchestre de Franco Luambo.Â
MalgrĂ© la prĂ©sence de Jolie Detta, Franco souhaite quâelle reprenne certaines chansons pour une tournĂ©e europĂ©enne, mĂȘme si elle est enceinte de son deuxiĂšme enfant. Il insiste pour lâengager.Â
Un an aprĂšs son accouchement, elle commence Ă travailler avec lâorchestre. Pendant ce temps, Lokombe recrute Baniel. Franco accepte finalement que les deux chanteuses intĂšgrent OK Jazz.Â
Avec OK Jazz, elle enregistre deux albums Ă Kinshasa :Â
Chaque album contient quatre titres.Â
En 1989, elle participe Ă une tournĂ©e europĂ©enne, suivie de concerts aux Ătats-Unis.Â
Au retour vers la Belgique, Franco Luambo tente de se produire aux Pays-Bas malgrĂ© son Ă©tat de santĂ©. Il est gravement malade. Ă lâarrivĂ©e en Belgique, il dĂ©cĂšde Ă Namur. Son corps est rapatriĂ© Ă Kinshasa, tandis que Nana Akumu reste en Belgique.Â
AprĂšs cette pĂ©riode, elle poursuit lâalbum Bouger le coq chante avec Baniel.Â
Elle collabore ensuite avec le groupe Grand Maquisard et rencontre le chanteur Dalliance Ntesa, basĂ© Ă Bruxelles. Elle lâaccompagne lors de ses contrats.Â
Elle travaille Ă©galement avec Dizzy Mandjeku et son groupe Odemba.Â
Artiste indĂ©pendante, elle alterne entre projets personnels et collaborations, accompagnant diffĂ©rents artistes selon les besoins des productions et des tournĂ©es.Â
En 2015, elle rĂ©alise lâalbum Mama Mokonzie, composĂ© de trois remixes (Cherche-moi une maison Ă louer chĂ©ri, Les ont dit, PDG) et de trois compositions originales.Â
En 2025, elle sort lâalbum Grande MĂšre, composĂ© de 17 titres, dont 10 compositions originales et 7 remixes de chansons existantes.Â
Avec un parcours exceptionnel entre lâAfrique, lâEurope et les Ătats-Unis, Nana Akumu sâimpose comme une figure importante de la musique congolaise, marquĂ©e par une carriĂšre riche, internationale et profondĂ©ment ancrĂ©e dans lâhistoire des grandes formations musicales africaines.Â